Je suis nul, mais je me soigne !

Où Mucius, qui rencontre encore ce problème avec des joueurs pourtant confirmés, vous donne des pistes pour interpréter certains scores de caractéristiques “trop bas” de vos personnages.

J’étais en train de discuter des personnages qu’ils voulaient faire avec certains membres d’un de mes groupes de joueurs lorsque je me suis aperçu qu’il y avait un souci. Tout a commencé lorsque je leur ai attribué le nombre de points “standard” pour faire leurs personnages de Pathfinder. Il n’y a pas de honte à être un personnage “standard”. Cela a beau être le chiffre de base, ça vous donne quand même des héros bien au dessus de la moyenne. Mais passons…

Avec ces points, si vous voulez avoir le fameux 18 ou 20 (le plus gros score possible à la création de personnage) dans une caractéristique et des scores au dessus de la moyenne dans d’autres domaines, il vous faut inévitablement baisser l’un de vos scores en dessous de 10, donc en dessous de la moyenne des humains du jeu. Je ne trouve pas ça très contraignant (enfin, plus depuis que je n’ai plus douze ans) et je pensais que mes joueurs, tous plus de trente ans, n’en étaient plus là non plus.

Apparemment, si !

Oh, ils ne sont pas les seuls. Il y a une réelle phobie, quasi scolaire étant donné que les scores de beaucoup de jeux sont notés sur 10 ou sur 20, du “trop peu de points”. La mauvaise note. Le bas score qui rend un perso “nul”. Moins bon que les autres. Incapable. Dans certains cas, c’est pire: il s’agit d’une peur de ne pas avoir le maximum humain dans sa caractéristique principale. Je peux comprendre, mais un magicien avec 16 au lieu de 18 en Intelligence, ce n’est pas “nul” !

J’appelle ça la “peur du malus“, à Pathfinder… Et Pathfinder n’est pas le seul jeu où on m’a fait le coup, d’ailleurs. Je crois que le seul jeu ou vous jouez systématiquement des personnages sans aucun défaut, c’est D&D4. Tout score négatif en avait été expurgé pour ne garder que la surenchère, sans doute pour en appeler, une fois encore, aux enfants de douze ans (ou moins) qui piquent leur crise quand ils ont un “moins” quelque part. Tout le monde a des équivalents des pouvoirs “de base” !

Mais n’épiloguons pas sur l’amer passé.

D’où vient ce problème ? Pourquoi n’émerge-t-il que dans certains jeux ? Et surtout, que faire pour le résoudre ?

Bon, je vous le dis tout de suite, on ne va pas y passer trois ans non plus : Ce problème est très simple. Tellement simple que c’est pratiquement la base du jeu de rôles. Je ne rigole pas… Vous allez vous trouver bête de ne pas y avoir pensé, surtout quand je vous aurai dit d’où ça provient exactement. C’est juste un problème d’interprétation des chiffres de la feuille de personnage, en fait !

La non acceptation d’u score de caractéristique en dessous de la “moyenne”, ou “trop bas”, a selon moi deux raisons. La première, c’est la répugnance à faire un personnage avec un défaut dans sa cuirasse. La seconde raison, c’est qu’on ne sait pas comment interpréter un score “bas” autrement que d’une manière péjorative… C’est comme une insulte à qui s’identifie à son personnage. Souvent, on n’a pas envie de jouer quelqu’un de “moins intelligent que la moyenne”, par exemple !

Fait intéressant, ces objections s’envolent généralement dans les jeux qui ont un système de “traits”, des handicaps et des avantages qui les compensent, qui sont nommés et qui ont une explication en termes de background ! Le problème du “score en dessous de la moyenne” n’émerge en fait que dans certains jeux où ce système n’existe pas, par exemple D&D, Pathfinder, le système D6, ou, dans une moindre mesure, l’Appel de Cthulhu (les joueurs de l’Appel sont souvent plus matures à ce sujet).

Pourtant (tenez-vous bien, j’enfonce une porte ouverte) : Que vous ayez des scores “normaux” modifiés en négatif et en positif par certains traits, ou que vous ayez des scores qui sont diminués ici et augmentés ailleurs, le résultat est le même ! A quelque chose près, tout ce que font les traits et handicaps, c’est parfois (pas toujours !) spécifier des circonstances dans lesquelles le malus/bonus entre en jeu, et vous fournir une explication toute faite à votre score “moins bon”.

Fondamentalement, la peur du score en dessous de la moyenne est donc une question d’explication dudit score.

La seule chose à faire pour résoudre le problème, c’est de trouver cette explication. Lorsque vous êtes face à un score plutôt bas (je ne parle pas de scores carrément abyssaux, comme en dessous de 7 à Pathfinder, limite de toutes les manières fixée par le système lui-même : 6 est l’intelligence de certains animaux et la force des petits enfants…) il faut simplement vous poser la question suivante : Qu’est-ce qui fait que mon personnage a des difficultés là-dedans ?

En clair : Quelle est la raison de ce score ? Quel défaut a mon personnage qui l’empêche d’avoir plus ?

Trouver des défauts pour un personnage, cela signifie le rendre vraiment vivante t réaliste. Interpréter correctement ses défauts en jeu, trouver des moyens de faire avec, de les compenser, voire de les surmonter, comme le ferait le personnage lui-même s’il vivait vraiment, c’est ce qui fait tout le sel du jeu de rôles ! Imagine-t-on Tony Stark sans alcoolisme et sans égocentrisme (Sagesse basse) ? Peter Parker sans sa confiance boiteuse et son apparence d’ado pas fini (charisme bas) ?

S’il vous faut des idées, voici quelques interprétations possibles de caractéristiques basses, pour divers jeux qui peuvent poser problème. Cette liste est loin d’être exhaustive, mais elle couvre beaucoup de choses… Certaines de ces interprétations peuvent aussi convenir pour d’autres attributs proches; inspirez-vous par exemple de la “Sagesse” pour les traits de “Calme” ou de “Résolution” du système du Monde des Ténèbres 2, ou de la “Force” pour la “Puissance” du système D6.

Vous trouverez parfois des doublons, et des explications qui font référence à d’autres scores : C’est normal ! Un défaut du personnage impacte sur sa vie, et le défaut ou ses raisons sont influencés et influencent le reste du personnage… A chaque fois, je donne aussi l’explication à laquelle il ne faut pas forcément s’arrêter (même si ça peut être intéressant aussi), l’explication à laquelle tout le monde pense, généralement peu inventive.

Piochez ce dont vous avez besoin dans la liste ci-dessous !

Force : Parfois, ça s’appelle Puissance ou Muscle. L’explication standard, “vous êtes faible et peu sportif”, est tout à fait acceptable… Mais on peut mieux faire !

  • Votre lignage comporte une proportion de sang féérique, ce qui rend vos membres fragiles et fins, mais vous donne d’autres talents (à combiner avec un haut Charisme, une bonne Dextérité, Intelligence, Sagesse…)
  • Vous souffrez d’une maladie chronique qui fait que vos muscles dégénèrent. Vous vous exercez le plus souvent possible et essayez tous les traitements, mais cela ne fait que vous donner un sursis…
  • Vous avez passé des années dans une basse-fosse, récemment, sans sortir et sans exercice. Vous n’êtes plus très souple, et vos muscles se sont atrophiés. Vous êtes-vous évadé ? Pourquoi étiez-vous enfermé ?
  • Ce n’est pas que vous êtes faible, mais il y a eu cet accident, jadis, ou vous avez frappé un de vos camarades, et ou il est tombé mort, se cognant la tête… Par peur, vous refusez d’exercer votre puissance musculaire depuis lors.
  • Votre éducation physique, au Dojo du Dragon, a mis l’accent sur la souplesse, l’harmonie, l’équilibre et la précision. Vous n’avez ni le temps ni l’envie de soulever des poids. (à combiner avec une haute dextérité)
  • Vous avez peur de ruiner votre physique de rêve en devenant trop épais, aussi ne vous exercez-vous que pour garder la ligne et tonifier la finesse de vos membres. Vos fans vous le rendront ! (à combiner avec un haut charisme)

Dextérité : Adresse, Habileté, même combat. “Vous êtes maladroit” n’est pas très affolant en terme de roleplay, et n’est presque jamais vraiment joué…

  • Lors de votre cérémonie de passage à l’âge adulte, le chamane ne vous aimait pas, et a tranché un peu trop profondément vos scarifications rituelles… vos tendons n’ont jamais complètement guéri.
  • Malgré votre jeune âge, vous souffrez d’arthrite chronique. A certains moments, le moindre mouvement vous fait mal, et même quand tout va bien vous redoutez de trop vous exercer, ce qui provoquerait une crise.
  • Votre frère savait faire l’acrobate, jouer de la musique… Vous avez voulu l’imiter, mais vous avez eu un accident. Vous n’avez plus oser vous adonner à des activités similaires depuis, et manquez totalement d’exercice.
  • Suite à un accident (un châtiment ? justifié ou non ?), il vous manque l’index et le majeur de la main droite. Il y a certaines choses que vous ne pouvez plus faire aussi bien, du coup…
  • Votre vie au monastère consistait à peiner à une table à la lueur des bougies sur les ouvrages à copier, puis à vous enfermer dans une cellule au lit trop dur, le soir. De ce fait, vous êtes un être particulièrement raide.
  • Vous ne vous êtes pas remis d’une maladie qui attaque vos nerfs et handicape votre coordination musculaire. Vous paraissez normal, mais vous devez souvent vous concentrer sur chacun de vos gestes. Rechuterez-vous ?

Vitesse : “Vous n’êtes pas très agile” ressemble plus à une lapalissade qu’à une explication, surtout si la caractéristique s’appelle Agilité, comme dans certains jeux ! Ne choisissez pas la facilité.

  • Vous êtes asthmatique… Vous n’avez aucun problème de dextérité, mais vous vous essoufflez vite.
  • Une vieille blessure vous fait mal à la jambe… Vous en voulez toujours à celui qui vous a fait ça !
  • L’un de vos ancêtres était… un démon. Il vous a légué certains traits inhabituels, et surtout un pied bestial et velu comme celui d’un bouc. Vous boitez, prix de votre talent magique inné.
  • Vous avez peur d’aller trop vite, et vous regardez toujours trop avant de sauter. Tout ça à cause de cet accident de voiture…
  • Vous êtes normalement vif, mais manquez de perspicacité et avez du mal à évaluer une situation rapidement. En combat, vous devez réfléchir pour savoir où vous placer. Pour fuir, vous ne savez jamais dans quelle direction aller…
  • Vous êtes gras du bide. C’est normal, aussi, vous mangez trop. C’est normal aussi, vous avez des problèmes émotionnels graves, d’après la psy. Moins de quatre big-macs, ça ne va pas vous tuer, mais c’est si bon…

Constitution : “Vous êtes faible” ou “souffreteux” n’est pas franchement original, et ce n’est pas mieux quand l’attribut s’appelle Vigueur ou Santé

  • Votre père était un magicien, et croyait en une éducation de l’esprit avant tout. Vous n’êtes peut-être pas mage, mais vous n’avez pas beaucoup fait d’activités physiques étant jeune.
  • Vous n’avez aucune tolérance pour l’alcool, les maladies et les drogues parce que vous avez été très protégé pendant votre enfance, et avez grandi dans un milieu très fermé.
  • Vous avez tendance à manger constamment, dés que possible. Résultat, vous êtes toujours en train de digérer, d’avoir des brûlures d’estomac, ou de mal dormir…
  • Vous avez la mauvaise habitude de fumer depuis votre plus jeune âge. Cela a affecté votre développement et votre santé générale, en plus de vous donner une mauvaise toux.
  • Vous pesez à peine soixante kilos tout mouillé malgré votre haute taille et votre allonge. Votre métabolisme ne semble pas vouloir prendre du poids, ni gagner en muscle.
  • Vous mangez trop peu (traumatisme , obsession de beauté, maladie chronique provocant la perte d’appétit ?) et cela vous cause des problèmes de santé à tous les niveaux.

Intelligence : “Vous êtes con” est l’explication à laquelle on pense tout de suite quand on manque d’Esprit , de Raison ou de Mental… C’est bien dommage !

  • Né en esclavage, vous n’avez reçu aucune éducation car vous étiez voué au travail des champs. Vous vous êtes rattrapé par la suite, et vous n’êtes pas stupide, mais vous avez des lacunes sur les bases (lecture, calcul mental…)
  • Vous êtes un peu naïf, mais votre famille voulait absolument que vous fassiez des études. Vous n’étiez pas brillant, mais vous étiez un vrai bosseur, alors vous avez eu vos examens (à combiner avec une bonne éducation).
  • Vous êtes loin d’être stupide, mais vous avez un syndrome du déficit d’attention : vous avez du mal à vous concentrer longtemps, il faut tout vous expliquer plusieurs fois… et votre éducation en a pâti.
  • Vous croyez certaines choses qui ne sont tout simplement pas vraies (que des fées vous tournent autour, conspirations, superstitions…) et votre esprit pourtant vertigineux fait de mauvaises connexions constamment.
  • Vous n’avez ni la mémoire des noms, ni des visages. Vous trouvez des surnoms aux gens basés sur une déformation de leur nom ou une caractéristique personnelle. Du coup, vous avez du mal à suivre les autres. Et vice-versa.
  • Vous êtes très religieux, et vous préférez vous en remettre à votre instinct et à la croyance sans preuves (autrement appelée “foi”) plutôt que de raisonner. Il vous arrive même de mépriser les “monsieur je sais tout”…

Education : “Vous êtes rustre” est loin d’être la seule raison d’une basse éducation à l’Appel de Cthulhu ou d’un score de Connaissances faible dans des jeux comme Z-Corps.

  • Votre ancêtre était un grand général. Vous vouliez l’imiter… Il y avait la guerre. Vous aviez l’air plutôt mûr, et ils cherchaient des soldats. Vous avez menti sur votre âge et vous vous êtes engagé sans avoir fini votre éducation.
  • Vous n’avez jamais appris à lire ni à écrire, mais vous comblez vos lacunes comme vous pouvez. Êtes-vous motivé par votre développement personnel ? En avez-vous honte ? Trouvez-vous cela inutile ?
  • Vous avez certaines connaissances, mais vous peinez pour ce qui est des abstractions : vous étiez une déception pour votre père, qui se disait philosophe. Il vous a persuadé que vous étiez nul. Un jour, vous avez arrêté d’essayer.
  • Malgré les sommes énormes payées par vos parents, vous avez complètement raté vos études parce que vous étiez trop occupé à faire la fête et à vous rebeller. Aujourd’hui, vous savez peu de choses, mais vous improvisez bien.
  • Vous avez été élevé dans une communauté très fermée et superstitieuse, surannée (secte, dictature…). Lorsque vous en êtes sorti, vous vous êtes aperçu que la quasi totalité de ce que vous aviez appris était faux ou inutile.
  • Vous êtes un bâtard, et on vous a refusé l’éducation due à ce que vous estimez être votre rang. Personne ne voulait non plus vous enseigner un métier. Vous avez du improviser, grappillant des bribes de savoir ici et là…

Sagesse :”Vous êtes fou”, “Vous êtes chaotique” ou “Vous n’êtes pas très moral”… Mais peut-on avoir une explication qui se rapporte à ce que la Sagesse est réellement, s’il vous plaît ?

  • Vous détestez une personne en particulier pour ce qu’elle vous a fait (ou que vous croyez qu’elle vous a fait). Toute ce qui vous rappelle cette personne ou cet événement (et cela arrive presque tous les jours) vous fait ressasser ces souvenirs amers. Peut-être cherchez-vous à vous venger, et est-ce une quête personnelle.
  • Vous êtes pieux… mais trop. Vous croyez aveuglément, vous priez au lieu de faire attention à votre entourage, vous vous en remettez à dieu au lieu d’exercer votre libre arbitre.
  • Vous êtes dépressif, et vous vous apitoyez sur votre sort au lieu de faire attention aux autres. Vous manquez aussi de volonté parce que vous êtes persuadé que tout ça n’en vaut pas la peine. Vous abandonnez facilement.
  • Vous ne pouvez pas vous empêcher d’inventer de mensonges sur tout et n’importe quoi, y compris vos capacités. Si vous avez un haut charisme, ça peut être très drôle…
  • Vous n’avez aucune empathie. La plupart du temps, vous vous fichez des autres lorsqu’ils ne sont pas vos amis ou des tâches que vous ne jugez pas importantes. Votre perception du monde et votre sens commun en pâtissent.
  • Vous êtes né sous l’auspice des Dieux Noirs (marque de naissance ?)… Vous êtes moins sensible à la douleur d’autrui, à la beauté du monde, et presque incapable de pratiquer la magie divine. Résisterez-vous au Mal ?

Perception : “Vous êtes myope” est l’explication la plus courante pour ce qui est des traits du genre sens ou awareness, parce que la vue nous est si importante. C’est intéressant pour les mages qui lisent à la bougie, mais c’est un peu réducteur…

  • Vous avez une nette tendance à l’introspection (à cause de votre éducation ?) et vous avez toujours été calme et timide. De ce fait, vous vous perdez dans vos pensées alors qu’il faudrait faire attention autour de vous.
  • Vous avez de fréquentes insomnies (des cauchemars ?), ce qui fait que vous n’êtes jamais très bien réveillé et avez tendance à rêvasser lorsqu’il vous faudrait être vigilant ou concentré.
  • Vous ne cessez de tousser, ce qui vous empêche d’être aussi vigilant que possible… (à combiner avec une faible constitution).
  • Vous avez des hallucinations… Amis invisibles, voix qui vous conseillent, visions étranges, à vous de voir. Toujours est-il que vous avez du mal à différencier ce qui est réel de ce qui ne l’est pas.
  • Vous êtes imbu de vous-même et de vos capacités, mais vous passez votre temps à rêvasser d’un hypothétique futur où vous serez un héros adulé, au lieu d’être à ce que vous faites.
  • Vous avez perdu un œil suite à un incident romanesque (rixe entre frères, duel contre votre ennemi juré, incendie dans lequel vous avez perdu votre fils…). Vous évaluez mal les distances et votre vision est plus restreinte.

Volonté : Il n’est pas si rare que ce score soit dissocié de la Sagesse (Dans le Monde des Ténèbres, il y en a même plusieurs : Calme, Résolution…)… L’explication reçue est à la fois plate et rarement drôle à jouer : “Vous êtes influençable”.

  • Vous êtes joueur… Vous aimez prendre des risques, parfois inconsidérés, dans la vie et avec des jeux d’argent. Vous ne pouvez pas toujours soutenir ce que vous avancez !
  • Vous ne tenez pas en place ! Vous n’êtes jamais satisfait de ne faire qu’une chose à la fois, et dés qu’il vous faut attendre, être vigilant ou insister face à un problème, vous avez tendance à vouloir vous occuper d’autre chose.
  • Vous êtes légèrement accroc (drogue, alcool…). Quand vous en prenez, vous n’êtes plus vous-même, et quand vous êtes en manque votre esprit est tout aussi vulnérable : vous êtes agité et vous avez du mal à vous concentrer.
  • Vous faites un complexe d’infériorité parce que votre enfance a été difficile. Peut-être avez-vous été élevé dans un internat horrible, ou peut-être que vous rappeliez trop à votre mère l’homme qui l’avait violée…
  • Vous avez été élevé par une secte, et vous avez appris à “ne pas penser”, et à faire une confiance aveugle aux figures d’autorité évidentes. Prendre des décisions par vous-même, c’est nouveau pour vous…
  • Régulièrement, vous changez de vocation, de crédo… “mais cette fois, c’est la bonne”. Vous n’avez même pas conscience d’être une telle girouette ! Cependant, c’est normal : vous êtes si jeune…

Pouvoir : Qu’il s’agisse de Magie ou de Chance, “Vous avez un mauvais karma, sans doute depuis votre naissance”, ça va cinq minutes… Peut mieux faire !

  • L’un de vos ancêtres était un nain, race notoirement résistante à la magie. Vous avez hérité du mauvais côté de la médaille : vous n’êtes pas immunisé, mais vous ne savez vraiment pas par quel bout prendre la magie.
  • Quand vous étiez jeune, vous avez insulté une vieille gitane… et elle vous a maudit. Peut-être n’est-ce qu’une bêtise, mais vous y croyez juste assez pour que cela influe, par votre inconscient, sur votre chance réelle !
  • Enfant, votre grand-mère vous racontait des histoires de sorcières effrayantes. Vous avez gardé une peur du surnaturel et une grande nervosité qui vous feraient faire des erreurs si vous pratiquiez la magie un jour…
  • Votre oncle vous a emmené un jour dans une espèce de cercle bizarre ; il y a eu un rituel… On vous a sauvé, mais vous vous sentiez tout de même affaibli… Vous n’étiez qu’un enfant et avez presque tout oublié depuis, mais les cauchemars reviennent parfois…
  • Vous savez que vous avez un immense pouvoir magique. Vous êtes de la Lignée Sacrée, après tout… Mais ce pouvoir est bloqué jusqu’à ce que la prophétie se réalise. Peut-être que c’est l’un de vos descendants qui l’aura, allez savoir.
  • Votre père était un sorcier, son grand-père était un sorcier… ça saute une génération à chaque fois. Votre fils sera sans doute un sorcier, mais vous, vous êtes mal tombé.

Charisme : Je crois que c’est la pire, celle-là. Tout le monde sait que le Charisme n’est pas l’Apparence, mais bien la Présence ou la Manipulation, et pourtant tout le monde s’obstine à ce que l’explication soit “Vous êtes moche” !

  • Vous avez été élevé dans un monastère (ou un couvent) très strict. Dressé à l’humilité, vous vous êtes habitué à ne pas parler le premier, et à ne pas élever la voix à cause de l’écho.
  • Vous pensez que du sang divin coule dans vos veines, et traitez les autres (même lorsqu’ils sont nobles ou qu’ils sont vos supérieurs) avec condescendance.
  • Vous vous en voulez pour la mort de quelqu’un qui était sous votre responsabilité (soldat, proche, conjoint). De ce fait, vous pensez que vous n’êtes pas apte à commander, et vous n’osez pas faire valoir votre opinion.
  • Vous êtes très expressif et avez du mal à cacher vos émotions réelles. De ce fait, on sait tout de suite quand vous mentez, et vous avez tout de suite l’air dépité quand vous faites une tâche à contrecœur.
  • Vous êtes fasciné par la mort. Vous avez tendance à en parler librement, beaucoup, et à poser des questiosn gênantes aux gens sur ce sujet tabou.
  • Vous aimez plus les animaux que les hommes, et vous les choyez plus que vos compagnons.

Apparence : Même dans le peu de jeux où quelque chose comme la beauté apparaît, les gens vont rarement chercher plus loin que “vous êtes quelconque”. Certes, c’est plus évident que pour le reste, mais tout de même !

  • Vous vous êtes cassé le nez dans votre jeunesse, et il a guéri selon un angle inhabituel. Votre visage est fort beau malgré cela (ou peut-être à cause de cela), mais il déstabilise les gens.
  • Vous portez un tatouage visible ou une marque de criminel, peut-être même sur le visage, les gens réagissent donc négativement à votre endroit (vous pouvez avoir une apparence complètement normale à part ça).
  • Vous avez été élevé à l’étranger et vous avez des habitudes différentes : votre façon de vous tenir, de parler… peut-être n’aimez-vous pas qu’on vous touche, même pour vous serrer la main. Cela déstabilise les gens.
  • Vous avez des tics nerveux et ne pouvez vous empêcher de prononcer certaines syllabes (le syndrome de Tourette ? simplement des tics ?), aussi personne n’ose vous approcher, vous croyant idiot ou fou
  • Vous avez été élevé dans la nature ou à la campagne : vous ne connaissez pas les usages les plus élémentaires et vous parlez peu. Votre hygiène n’est peut-être pas aussi bonne que celle des autres…
  • Un accident magique ou chimique vous a laissé avec une peau marbrée de manière unique autant qu’étrange, pas forcément laide, mais clairement inhumaine.

Voilà pour ces quelques idées. Il n’y en a que six à chaque fois, mais vous avez pu constater que beaucoup sont interchangeables. Il faut aussi dire un mot de l’inverse de la situation décrite plus haut : Jouer correctement une très haute caractéristique, même si elle est convoitée, c’est parfois difficile. Je ne le vois pas si souvent ! Posez-vous la même question : pourquoi, pourquoi, pourquoi. Qu’est-ce qui fait que votre personnage est “si bon” ?

Mais en général, les gens ont moins de problèmes pour trouver ce genre de chose.

On l’aura compris, caractéristique basse ou haute, elles ne sont que des indicateurs, pas le personnage… Elles se jouent comme un tout, on n’est pas obligé de “surjouer” constamment, mais elles se jouent toutes. C’est pour ça que je dis que c’est la base du jeu de rôles que de savoir interpréter les chiffres des personnages : On y est obligé, par la force des choses. Et, personnellement, en tant que MJ ou joueur, je trouve que la partie en pâtit si quelqu’un ne joue pas son personnage.

Les barbares dotés d’une force extraordinaire devraient régulièrement briser des objets, le sol devrait craquer sous leurs pas, et il devrait leur être difficile de “se lâcher” dans une activité sportive, ou même en serrant la main de quelqu’un, sans blesser autrui… A plus forte raison s’ils n’ont pas la Dextérité qui va avec ! De même, j’ai rarement vu quelqu’un jouer une sagesse surhumaine à D&D en s’exprimant sur la beauté ou les détails du monde, ou en étant particulièrement humble et calme !

J’aimerais aussi ajouter qu’il y a mille et une manière de jouer les mêmes “chiffres” sur deux feuilles différentes : J’ai fait jouer plusieurs fois le même scénario avec les mêmes personnages prétirés à des groupes différents, lors d’événements publics ou de parties en privé, et je n’ai jamais vu deux joueurs interpréter le même personnage de la même manière. Les chiffres sont les mêmes, les traits aussi, de même que le background… Pourtant, clés en main, chacun “conduit” différemment !

Voici la preuve qu’il ne faut pas se laisser intimider par les chiffres, et que l’interprétation fait tout. Pouvait-on s’attendre à autre chose pour ce qui s’appelle, après tout, un jeu de rôles ?

Quoi qu’il en soit, j’espère que tout ça vous aide à y voir plus clair, et surtout à mieux réfléchir à vos personnages. Et, qui sait, cela peut aussi donner aux maîtres de jeu des idées d’interprétation de PNJ !

  1. Intéressante analyse, une nouvelle fois :razz: ,conséquence de nos échanges sur la difficulté à admettre des caractéristiques générant un malus (dites “carac négatives” ) pour un personnage. (et surtout pour le joueur !! :mrgreen: )

    Autant je te rejoins totalement sur la grande palette d’interprétations possibles d’une telle caractéristique, donnant un cachet au personnage, autant je pense que cela ne se traduit pas forcément dans la pratique pour le personnage comme cela est anticipé.

    Je m’explique :
    - certains jeux permettent la prise en compte de défauts sur un domaine que couvre une caractéristique. Je pense à titre d’exemple aux jeux WhiteWolf, où les handicaps peuvent concerner une parcelle d’une caractéristique du type “manchot” pour la dextérité(vos actions avec les deux mains subissent un malus) mais qui n’handicapent pas d’autres actions (comme tirer avec un pistolet pourtant du ressort de la même caractéristique). Ton analyse s’appliquent alors très bien, le handicap en question étant illustré totalement.

    - d’autres jeux comme Pathfinder ont des caractéristiques qui influent par l’effet bonus/malus sur de larges capacités. Je prend l’exemple de la sagesse qui couvre la volonté, la perception, l’harmonie etc…
    un score faible (avec malus donc) peut se traduire par l’une des pistes d’interprétation que tu proposes (et qui sont de bonnes idées même pour des joueurs de l’ancien temps :) ) comme “un complexe d’infériorité”.
    Pourtant ce faible score de Sagesse va se traduire de manière très variée : malus en perception, malus en jet de protection volonté, malus en survie, malus en premier secours, en psychologie etc…

    Alors certes, il y a toujours moyen d’interpréter un personnage avec des failles, des tics bref du relief, mais tous les jeux n’incitent pas à le faire.

    J’avoue plus reconnaître cette possibilité dans les jeux où les caracs pèsent moins, ou alors sont pondérées par des handicaps que dans les jeux comme Pathfinder ou la sanction d’un “défaut” pèse plus lourdement sur le reste du personnage. Et mon simple défaut se traduit finalement par de multiples défauts…

    Alors pour pondérer mon propos : oui il faut éviter le guerrier tête brûlée, si l’on veut qu’il ait un peu de perception ou de survie. Mais ça demande toujours une gymnastique pas forcément utile. D’où, je l’avoue, ma propre tendance à limiter les caractéristiques secondaires (surtout les mentales) à un 10, neutre, propre, sans bavure, quitte à rajouter moi-même des traits d’interprétation qui donneront ce relief à tout personnage.

  2. en me pardonnant mes multiples fautes d’orthographe et de conjugaison, car je ne peux modifier mon texte :)

    EDIT TRAJAN : moi je peux :)

    • Eh bien, pour répondre, je dirai que pour des jeux comme Pathfinder, tu choisiras de justifier tes caracs par des défauts qui sont justement assez étendus dans ce qu’ils peuvent expliquer. Et si tu as un MJ coopératif, il peut autoriser des traits qui offrent bonus et malus selectifs. Il y en a dans le Manuel des Joueurs avancé, je crois !

      Moi, quand quelqu’un a un handicap qui ne s’applique que dans certaines circonstances, je gere le truc avec des bonus et malus de circonstance, tout simplement.

      C’est ainsi que le jeu marche…

      D’autres, comme Unisystem (Buffy, All Flesh, Witchcraft…), ont un systeme de qualités et défauts qui rendent presque annexe les compétences et caracs, parfois, du moins autrement que comme moteur pour faire marcher lesdites qualités… Et la, tu fais ce que tu veux avec tes traits, tu peux en inventer, et tout est géré. Mais tous les jeux ne sont pas Unisystem, chacun a ses avantages, et c’est tres bien ainsi !

      Of course, tu peux encore trouver que je ne donne pas assez de points, par principe ou parce que tu veux vraiment jouer un perso BIEN au dessus du lot…

      C’est un choix qui influe sur toute la campagne, et qui se fait pour tout le groupe. Moi je dis oui, en général, si tous les joueurs sont d’accord… et si la demande est raisonnable !

  3. Amusant, mes joueurs à moi raffolent des caractéristiques mentales basses (surtout à D&D), et je me retrouve moi même souvent avec 8 en force… Pour le charisme bas, j’ai eu “je suis un odieux connard” et “je parle jamais sauf pour donner des ordres dans des situations de combat” (ce qui nuit pas mal au RP…)

  4. J’ai souvent des personnages avec une caractéristique mentale basse (j’ai fait le 1/2 orque avec 5 en int, le magicien avec 6 en charisme et le voleur avec 6 en sagesse) mais ces personnages n’ont duré que le temps d’un scénario. je trouve la “tare” trop forte pour me générer un amusement sur une campagne.

    Je préfère du coup une caractéristique physique faible pour un personnage de campagne…car ça ne grève pas le rôle play sur le long terme.
    (même si j’adore Mucius en super héros un peu idiot :) )

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